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photo avec  Gérard Chambre - Charles Trenet


Charles Trenet, le fous chantant a cent ans
 

Interview avec Gérard CHAMBRE

 

Juillet 2012
interview de G.a.d /classique en provence

S’il n’est pas un homme-orchestre, Gérard Chambre n’en est pas loin. Homme de théâtre (comédien et metteur en scène), de télévision, de musique (chant, composition, comédie musicale), il a fréquenté les plus grands dans son parcours, et avec sa compagnie Opera ma non troppo (tout un programme !), remet sur scène ceux qu’on a tous gardés dans le cœur : BREL, PIAF et maintenant TRENET, en attendant le centenaire en 2013. Avec un esprit à la Guitry (méchanceté en moins…) et du talent à revendre, le voici qui nous fait chanter « Y’a d’la joie » !

Vous créez régulièrement des spectacles à succès : avez-vous une recette ?

Je choisis mon sujet et les éléments qui le composent, je rassemble tout ça et je le fais tourner… Mon spectacle TRENET, que je crée cette année à Lacoste, je l’ai écrit en utilisant toutes les grandes chansons du fou chantant, mais en me rappelant qu’elles ont vu le jour pendant une période troublée de notre histoire, que je garde en arrière-plan : en pleine débâcle, il s’agissait de redonner de la joie, de la bonne humeur. Mon écriture s’est inspirée de cette dimension.

Vous travaillez évidemment en équipe ?

Je dirige la compagnie Opéra ma non troppo une petite troupe qui a déjà 4 ou 5 spectacles à son actif : Bœuf sur le tôa, Guitry-Cocteau, Le Petit Groom de chez Maxim’s, Don Quichotte... C’est une toute petite équipe, mais elle me permet de garder « l’ambiance troupe ». J’ai un noyau fixe de 6-7 comédiens-chanteurs-musiciens, fidèles depuis 7-8 ans, mais qui travaillent aussi ailleurs, dans d’autres structures. Mais travailler en troupe donne une véritable complicité, une intensité, qui entraînent un impact différent sur le spectateur : il perçoit cette complicité, il la partage.

Quel est votre rôle au sein de cette équipe ? Et vos projets ?

J’écris les textes de chansons, je lance les projets, je suis sur scène… Le spectacle sur Trénet, par exemple, nous allons le créer au Festival de Lacoste - ce sera mon 6e spectacle en ce lieu -, mais il va ensuite être repris, à Paris notamment. Et puis, je vais vous donner un scoop, qui vient juste de me parvenir : nous devons reprendre le Don Quichotte de Jacques Brel en saison d’hiver à l’Opéra-théâtre d’Avignon ; il avait eu beaucoup de succès à Paris, à l’Espace Cardin ; à Avignon, le 11 octobre 2012, nous le reprendrons dans une configuration originale : avec des chanteurs, des guitaristes, des danseurs, tous gitans ; la rencontre entre notre troupe de comédiens avec 2 musiciens, et cette troupe de gitans de la région, va être fort intéressante !

Les spectacles que vous évoquez, en changeant de lieu, changent de configuration : ils passent notamment de scènes extérieures à des salles fermées ; êtes-vous obligé de repenser totalement leur conception ?

L
a seule difficulté que j’aie rencontrée en extérieur était, évidemment, Le Petit Groom de chez Maxim’s. A l’inverse, le Don Quichotte, conçu pour la cour du Marquis de Sade, a posé problème ensuite pour l’intérieur : le cheval ne rentrait pas ! Mais quand je conçois un spectacle, je m’efforce toujours de l’imaginer dans un lieu… Il est vrai que TRENET est un lourd spectacle, avec 12 personnes en scène, une voiture, des vélos… La conception m’apparaît d’abord dans une forme absolue, que j’idéalise, en grandes dimensions ; ensuite, j’adapte… Le lieu m’inspire beaucoup, ainsi que les gens avec qui je travaille.

D’après votre cursus, vous auriez pu aussi être chanteur « classique » ?

J’
adore la chanson, j’aime chanter, dans tous les styles. J’ai commencé comme « Petit chanteur », puis je me suis attaché aux pas de Brel, avec aussi du rock, du baroque, avec viole d’amour - partition que j’avais écrite -, puis ç’a été Don Quichotte, Trenet, Montand. Mais si j’adore chanter moi-même, c’est toujours avec l’espoir de faire chanter. C’est ainsi qu’autour de Trénet, je me suis demandé comment retrouver les grandes chansons de Trénet sans faire un récital, et raconter une véritable histoire à travers son répertoire.

Entre les divers types de musiques, voyez-vous une différence d’approche entre chanson et opéra ?

J’
essaie d’adapter la performance opératique à la chanson française. Je me situe donc dans le cadre traditionnel de l’opéra, mais avec un répertoire et une technique différents. Je veux aborder ce répertoire de façon plus simple et plus contestataire, plus légère ; si vous êtes avec 80 musiciens, par exemple, vous devez tendre à la performance. Et même si j’ai monté des opéras, avec chanteurs, je n’en ai pas vraiment la formation, ni l’envie.

En quoi votre approche est-elle contestataire, légère ?

T
out en respectant la musique, je veux faire de l’opéra pour tous. D’ailleurs la musique a évolué, parce que l’oreille a évolué ; les spectateurs sont moins rigoureux, moins stricts.

Pouvez-vous préciser en quoi l’oreille a évolué ?

D’
abord au niveau technique : on écoute maintenant la musique dans un casque, en toute proximité ; la distance de la salle n’existe plus. Et puis, l’écoute est devenue multiple, plurielle, avec une richesse incroyable de types de musiques divers. A l’origine, les seuls endroits où l’on entendait de la musique, c’était la messe et l’opéra ; maintenant l’environnement musical est différent. La chanson elle-même a évolué : écoutez aujourd’hui Yvonne Printemps, qui était alors le summum de la modernité : elle ne « passe » plus aujourd’hui.
La forme de grand orchestre a évolué aussi. Et puis, les musiciens d’aujourd’hui, ont 20 ans, 25 ans… J’ai ainsi monté des festivals et des concerts totalement insolites : dans un centre de thalasso, les musiciens, en peignoir, ont joué Mozart devant un auditoire lui aussi en peignoir. Sans pour autant abaisser la musique ou la ridiculiser !


J’imagine que pour bien interpréter TRENET, par exemple, il faut une véritable complicité avec l’homme ?

Il faut sans doute de l’affinité. Mais les gens sont plus en attente de vérité dans l’interprétation et d’authenticité du cœur, plutôt que d’une copie. Je me sens plus proche de Brel que de Trenet ; mais ce que je recherche toujours, c’est un chanteur qui me permette d’interpréter ses chansons comme un comédien interprète des textes : qu’il me laisse une marge d’interprétation assez large, qu’il soit généreux ! Mais il faut également que l’interprète soit généreux ! Regardez le cas de BREL : il a disparu depuis plus de 30 ans : je l’ai chanté plus qu’il n’a chanté lui-même ! En fait, quand une chanson est riche, je ne sais jamais où je vais aller dans l’interprétation.

J’imagine qu’il vous reste ainsi beaucoup de chanteurs à explorer ?

Oui, plein… Je puise dans une époque où la chanson française était avant tout chanson de scène, en rapport direct avec le public. C’est ainsi que je peux être chanteur, metteur en scène… Et j’ai encore des trésors : Montand, Léo Ferré, Piaf, même si j’ai déjà touché à Brel et Piaf. 

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